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Royal Canin veut accélérer le déploiement de l’agriculture régénératrice

L'implantation de couverts végétaux est un des principes de l'agriculture régénératrice.

Déjà 5 millions d’euros ont été reversés par Royal Canin aux quelque 250 agriculteurs bénéficiaires du programme de l’entreprise, démarré il y a deux ans en partenariat avec Soil Capital.

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« La transition ne se décrète pas, elle se finance, elle s’accompagne et elle se construit dans la durée au côté d’agriculteurs qui sont sur nos territoires. » C’est par ces mots que Cédric Mailé, président de Royal Canin France, a introduit la présentation des premiers résultats du programme de transition de l’entreprise vers l’agriculture régénératrice.

Un engagement à rémunérer les agriculteurs partenaires

Depuis deux ans, la filiale du groupe Mars a engagé un partenariat avec la société Soil Capital afin de « déployer rapidement » ce mode de production, qui selon elle lui permettra de répondre à ses objectifs environnementaux : réduire de 50 % ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030, sachant que plus de 60 % de son empreinte carbone est liée à ses ingrédients, en particulier agricoles.

L’entreprise s’est donc engagée à rémunérer les agriculteurs partenaires durant cinq ans, sur un montant total de 11 millions d’euros. De cette enveloppe, 5 millions d’euros ont déjà été redistribués à quelque 250 agriculteurs, sur environ 60 000 hectares.

De gauche à droite : Chuck de Liedekerke, cofondateur de Soil Capital, Florian Migeon agriculteur, Cédric Mailé, président de Royal Canin France, Sébastien Neveux, agriculteur, et Rémi Rocca, responsable de la stratégie de développement durable chez Royal Canin. (©  Soil Capital)

Réduire l’empreinte carbone

Les résultats à mi-parcours sont au rendez-vous : « 100 % des céréales qui sont achetées en France par Royal Canin sont couvertes par le programme d’agriculture régénératrice, soit un volume de 76 000 tonnes », s’est félicité Rémi Rocca, responsable de la stratégie de développement durable chez Royal Canin.

Ce chiffre correspond davantage à une équivalence qu’à un tonnage entrant réellement dans l’usine de fabrication d’aliments. C’est-à-dire que l’entreprise s’assure que sur son bassin d’approvisionnement en France, une quantité équivalente à ce qu’elle achète soit produite selon les principes de l’agriculture de régénération. Les contraintes logistiques venant de Royal Canin, de ses intermédiaires ou encore des organismes stockeurs obligent cette façon de faire, du moins pour pouvoir « passer à l’échelle ».

Mais pour Royal Canin, la transition est bien réelle. « Nous agissons sur notre bassin d’approvisionnement, explique Rémi Rocca. En ce sens, notre démarche se différencie des systèmes de compensation que l’on peut observer par exemple dans le secteur de l’aviation, puisqu’on vient réellement réduire notre empreinte carbone. »

Un modèle à démultiplier

Les agriculteurs bénéficiaires du programme font l’objet d’un accompagnement agronomique par Soil Capital. La société se charge aussi de calculer, pour chaque exploitation, un bilan carbone de référence, puis de suivre l’évolution de cet indicateur chaque année.

« 100 % des agriculteurs du programme ont amélioré leur bilan carbone et déjà deux tiers d’entre eux sont stockeurs nets de carbone, indique Chuck de Liedekerke, cofondateur de Soil Capital. C’est bien la confirmation que c’est possible, et chaque année la proportion augmente. »

Du côté de la rémunération, celle-ci varie selon les efforts réalisés, autrement dit selon l’évolution du bilan carbone de référence. Elle est au minimum de 27,50 €/t de carbone réduit ou stocké (1).

Chuck de Liedekerke se félicite de l’engagement de Royal Canin : « Ils ont été les premiers à avoir pris la mesure de l’importance du soutien financier, pour permettre aux agriculteurs d’accélérer la transition. » Mais selon lui, il manque encore des entreprises comme celle-ci pour « faire basculer la ferme France » dans la transition agroécologique. « Si un nombre plus important d’entreprises jouait ce rôle, le point de bascule serait tout proche. »

(1) Chiffres indiqués sur le site internet de Soil Capital.

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